Les Français ont-ils perdu leur esprit révolutionnaire?

    Intro

J’ai écrit une première version de cet article hier, mais en raison d’une fâcheuse fausse manipulation, il a été effacé. L’idée m’était venue en lisant un texte sur la Révolution française de 1848 (le lien renvoit vers l’article Wikipédia).

    La Révolution française de 1848

Le contexte était certes différent du nôtre mais après tout pas tant que ça : au XIXème siècle, les ouvriers étaient à plus de 50% au chômage et la Monarchie de Juillet passait mal, contestée par les libéraux et les Républicains. En février 1848, les étudiants parisiens manifestent, rejoints bientôt par des attroupements d’ouvriers. Un militaire « dérape » et déclenche une fusillade entraînant une 50aine de morts. Dans la nuit, les gens sortent et montent des barricades. Le gouvernement est encerclé. Le seul moyen de faire retomber les manifestations est d’autoriser à l’armée l’usage de la force mais cela entraînerait trop de morts : le roi Louis-Philippe s’y refuse et préfère abdiquer, quittant Paris. La deuxième République française était née.

c RasMarley

© RasMarley

    La France a connu plusieurs révolutions

– Le peuple français est réputé contestataire, râleur, bref un peuple un peu pénible mais il n’empêche : c’est quand même cet esprit-là qui a donné naissance à plusieurs révolutions. Nous faisons quand même partie d’un peuple qui a fait couper la tête à son roi.

– Pour en revenir à la Révolution française de 1848, elle a eu pour conséquence environ 400 morts et plus de blessés. Cette génération-là avait osé sortir dans la rue, se battre, manifester contre le pouvoir en place. Alors certes, aujourd’hui la situation économique et politique de la France n’est pas la même. Mais la génération actuelle a-t-elle gardé le même esprit ? Tel est le sujet de cet article.

    Un problème de génération

– Personnellement, bien que je le regrette, je pense que le peuple français ou plutôt les générations actuelles ont perdu quelque chose dans ce sens-là. Moins de contestation. Plus de peur. Baisser les bras. Défaitiste. Manque de courage. Disparition d’un esprit d’initiative, disparition d’une grande partie de la culture et peut-être d’un esprit d’identité. Tels sont les termes qui me viennent à l’esprit quand je cherche à qualifier les choses que l’on a perdues.

– Certes aujourd’hui les gens ont peur de perdre leur emploi, d’autres sont peut-être malheureux. Mais à l’époque la situation pouvait être pire. Le problème vient peut-être du fait qu’aujourd’hui, les gens sont embrigadés par la publicité, par la société de consommation, par les crédits qui s´accumulent, par des élites (politiques ou non) qui savent être persuasives. Le peuple est manipulé, il n’y a qu’à voir l’argent dépensé dans les publicités (télévisées, à la radio, sur le papier, ou par tout autre moyen par exemple sur internet ou par le paiement d’articles sponsorisés). La foule est contrôlée. C’est  un fait, comment voulez-vous gouverner sans effectuer un contrôle sur les masses ? Comment savez-vous ce que les élites font de votre argent ? Vous ne savez que ce que l’on veut bien vous dire. Rien ne vous garantit que votre esprit est bien éclairé.

– Beaucoup de choses, au final, peuvent expliquer le manque d’esprit de contestation constaté à l’heure actuelle. L’éducation donnée à notre génération : les enfants du baby-blues. Le fait que nous ayons grandi avec un confort que nous ne savons pas apprécier. Le fait que nous avons trop appris à obéir. Le fait que contester, c’est difficile. Le fait que les forces de sécurité sont mieux organisées qu’avant et répriment avec plus d’efficacité tout mouvement de foule. Le fait, enfin, que pour l’instant les gens n’éprouvent pas le besoin de contester avec force.

    Deviendrons-nous, dans quelques décennies, des esclaves, moutons, ou robots asservis ?

— C’est la question que je posais dans la dernière version de cet article. Habitués à toujours acquiescer, débarrassés de notre esprit révolutionnaire français, deviendrons-nous des esclaves au service d’un pouvoir dictatorial dans un siècle ou deux ? Qu’est-ce qui empêcherait un pouvoir autoritaire de se mettre en place au milieu d’un peuple complètement abasourdi et abêti ? Certains pays ou certains continents de ce monde, malheureux d’un pouvoir en place corrompu, n’arrivent pas à se rassembler pour renverser les profiteurs à la tête de l’Etat. Cela n’arrive pas qu’aux autres. Le peuple au drapeau tricolore ne connaîtra peut-être pas éternellement « l’exception » française qui a été bâtie, ne l’oublions pas, sur la sueur et sur le sang de nos ancêtres lorsqu’ils se sont battus.

{ 6 commentaires… vous pouvez lire, puis prenez votre plume ! }

Mimie 29/08/2010 1

On est devenu obèzes et cons, ça limite l’esprit révolutionnaire lol ^^

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Un passant 29/08/2010 2

Il y aussi une grosse difference par rapport 1848 : desormais nous avons la télévision !!!

Que fait on desormais le soir ? On sort ? On va au spectacle ? On va chez les amis ? NON !! On s’affale devant la television afin d’avoir notre dose quotidienne de conneries et de betises.
On a beay dire « C’est nul », « Y a rien ce soir » et pourtant on regarde ces cher emission predigérer…

Je pense même qu’il suffirait que juste l’on nous coupe la television pour qu’il y ait une revolution (pour reclamer que l’on la remette immediatement).

Donc pour moi ce qui a fait que les francais sont moins hargneux, c’est presence de la television (en autre …. )

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Greg 29/08/2010 3

Oui, vous avez tous les deux raisons. La télévision est une de mes bêtes noires en effet même si je ne veux pas trop l’ébruiter car dès que j’affiche ma différence, tout le monde me regarde d’un air de dire : « il sort de la planète Mars lui, il n’est pas comme tout le monde ! » Et pourtant je m’en sors très en ne regardant jamais la télévision le soir (uniquement les chaînes d’informations spécialisées au moment des repas).

D’un autre côté il ne doit pas y avoir QUE ça, et je me dis que s’il n’y avait pas la télévision, les gens trouveraient forcément autre chose, par exemple les jeux vidéos en ligne au hasard

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caco 29/08/2010 4

Je vois qu’on aime bien les même sujet ^^

Je pense que déjà les Français sont un peuple difficile à cerner et donc un peuple plus difficile à manipuler/embrigader mais peut être que justement cette mentalité est celle voulu par les élites ?

Pour parler un peu de foot, tout le monde crashe sur l’équipe de france quand ça va mal et tout le monde est le plus féru des supporters quand tout va bien.

La jeunesse ? je ne sais pas vraiment si on peu parler d’une jeunesse tellement elles sont multiples, d’un coté des bobos parisiens pseudo anti conformiste mais au final plus conformiste que la moyenne, de l’autre des jeunes qui passent leur temps a faire des tours de pyromanie que tout aille mal et tout le monde s’en foutra.
L’idéal d’un monde uni comme celui dans V pour Vandetta est quand même très loin tant les intérêts de chacun sont aux antipodes !

Il n’y a pas (plus ?) d’identité française a mon gout.

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meduz' 29/08/2010 5

La télévision n’est pas vraiment mon amie non plus, en dehors des infos (parfois) et de documentaires et reportages.

Pour ce qui est des jeux vidéo, ils n’ont pas vocation à se substituer à la télévision. D’une part car ils ne sont pas un loisir passif : on choisit le jeu auquel on va jouer, contrairement à la télévision qui impose ce qui est en train d’être diffuser à l’heure où on est disponible pour la regarder (encore que cet argument puisse être contré par le fait que magnétoscopes, enregistreurs numériques ou services de vidéo à la demande peuvent permettre un choix intéressant). Ensuite, et c’est une fore du jeu et d’un nombre plus grand de joueurs qu’on ne le pense, c’est qu’au-delà de l’appellation « jeu » qui fait vite passer pour puéril cette forme de culture/art/divertissement (biffez les mentions inutiles selon vos convictions :p)), les thèmes qui y sont abordés sont de plus en plus porteurs de messages, de contestations, de réflexions sur un grand nombre de sujets. Vu que ce support est encore très jeunes (environ 30 ans, en gros), il ne permet pas encore l’immense variété de la littérature (ou du cinéma documentaire, par exemple), mais il constitue une alternative prometteuse suivi par un nombre de gens grandissant ; c’est la première industrie du divertissement – oui, devant le cinéma – et je suis surpris de voir dans mon entourage des gens qui, grâce aux jeux vidéo, se sont documentés ensuite via bouquins ou reportages sur des sujets pas vraiment portés par la tendance actuelle de distraction massive télévisuelle.

Pour revenir un peu au sujet, j’ai aussi ce ressenti que, de nos jours, un tas de larves aseptisées a remplacé ceux qui autrefois descendaient dans la rue et prenaient à bras-le-corps certains aspects de leur vie.

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Greg 29/08/2010 6

Arf, ton franc-parler a le mérite d’éclairer lumineusement le propos :D C’est vrai que je n’avais pas considéré le jeu vidéo comme une facette à part entière de la culture, ton point de vue et ton expérience avec tes amis apportent vraiment un plus à ma réflexion, je t’en remercie.

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