Introduction au sujet
Introduction au sujet
Les pirates, ces bandits des mers dont l’âge d’or a été le 18ème siècle, me fascinent. Pourquoi ? Tout simplement pour la petite part d’enfance qui réside en chacun de nous. Cette part en moi du petit garçon s’affublant d’un bandeau autour d’un oeil, d’un tissu pour coiffer ses cheveux, et se saisissant d’un sabre en plastique. Jouer les méchants ne m’a jamais dérangé ; au contraire.
– Cet article était consacré à la présentation d’un livre qui m’a beaucoup plu sur le sujet (Marcus Rediker).
– Aujourd’hui, un peu par hasard, je tombe sur une magnifique carte issue du site du Monde Diplomatique présentant une vue claire de la piraterie d’aujourd’hui que l’on retrouve en Somalie sur la côte est africaine. Cette carte mérite quelques commentaires, surtout quand on sait qu’en 2009, les pirates ont détourné une quarantaine de navires dans l’océan Indien et le golfe d’Aden, prenant en otages un demi-milliers de marins (sources de l’ONU).
Cliquer pour une vue en gros plan de cette carte
Famine
Famine
Comme à l’époque de l’âge d’or de la piraterie, entre 1716 et 1726, on retrouve la famine comme caractéristique poussant les gens à se mutiner et à s’enrôler dans la piraterie (cf. les zones orange sur la carte).
– Au 18ème siècle, les marins enrôlés sur les navires marchands ou, encore pire, sur les navires militaires, vivaient dans des conditions épouvantables de famine et de d’épreuves physiques ; souvent il n’y avait pas assez de nourriture à bord et les efforts physiques nécessaires à la bonne tenue des bateaux étaient considérables. Les marins n’étaient pas cher payés pour un travail qui mettait leur vie en péril : plus d’un mourrait sous le coup d’attaques ennemies, d’attaques de pirates, ou des caprices de l’océan.
– En Somalie, aujourd’hui, les gens meurent de faim. A proximité de leurs côtes, des navires occidentaux bourrés d’objets de valeur passent afin de faire des plus-values monstrueuses en revendant en Occident des produits issus de l’Orient. Que font-ils ? Ils se battent pour obtenir une part du gâteau. Ils se battent aussi contre la mondialisation qui autorise les riches à se faire encore plus d’argent sur le dos des pauvres. Ils se battent enfin pour une nouvelle redistribution des richesses (décalage entre le Nord et le Sud).
Instabilité politique
Instabilité politique
On constate que les territoires du nord de la Somalie fonctionnent peu ou prou de manière autonome. Là encore des conditions de vie insupportables entraînent la révolte des populations, comme quoi tous les gouvernements du monde devraient prendre soin de ceux qu’ils gouvernent au risque de créer toute une piraterie au sein de leur pays.
Une mode qui dure
Une mode qui dure
Les tentatives d’attaques de navires sont très nombreuses, plus que ce que nous disent les médias. La piraterie n’est pas, comme on a pu l’entendre, un acte de délinquance isolé, mais bien une nouvelle manière de gagner sa vie pour toute une frange de la population prête à risquer sa vie.
Anti-américanisme
Anti-américanisme
La présence d’attentats anti-américains et les conflits apparaissant le long de ces côtes laissent penser à une rébellion contre le monde en place et son système commercial inégal. Il ne s’agit plus alors d’une simple bataille pour la nourriture, mais bien d’une révolte pour changer la politique mondiale.
– Vous voulez des preuves ? Depuis que la Somalie n’a plus d’Etat ni de force armée (1991 : début de la guerre civile), les pays étrangers viennent piller ses ressources ; les occidentaux et les chinois volent le poisson dans ses mers, ce qui incite de nombreux pêcheurs somaliens à rejoindre la piraterie.
Les nouveaux Robin des Bois ?
Les nouveaux Robin des Bois ?
DDes millions d’euros ont été versés aux pirates ces dernières années suite à leurs prises d’otage. Les pirates mettent cet argent en commun ou s’en servent pour refaire vivre la Somalie : financer l’hôpital et les écoles publiques à Harardhere par exemple. Une bourse a été créée dans cette commune (cf. cet article) pour mieux gérer et faire fructifier l’argent des rançons. Les grands navires étrangers, transportant du pétrole, rapportent de grosses sommes d’argent. Cette somme attire beaucoup d’investisseurs et la piraterie, faisant vivre la population locale, devenant auto-financée, devient l’une des oppositions les plus puissantes au système économique actuel.
Conclusion
Conclusion
Le pirate n’a jamais été un bandit comme les autres ; c’est bien pour cela qu’il reste gravé dans notre imaginaire. Je pense que l’on devrait donner davantage de place, dans notre petite actualité, à ce qui se passe autour de nous.
{ 2 commentaires… vous pouvez lire, puis prenez votre plume ! }
Intéressant. Je ne me suis jamais intéressé au sujet (la piraterie, de nos jours comme auparavant) ; encore un pan médiatique radicalisé qui exclus (totalement ?) d’évoquer une utilisation à peu près juste des gains.
Les pirates du 18ème siècle avaient un rapport à l’argent bien particulier ; par exemple ils s’organisaient socialement au sein du bateau de façon à ce que les décisions soient prises ensemble, à l’unanimité. Des « contre-pouvoirs » étaient élus pour contrebalancer le pouvoir du chef pirate. Enfin les trésors étaient partagés entre tous. Bref Marcus Rediker y voit une redistribution des richesses et les prémisses d’une nouvelle vision politique. J’ai trouvé un article de blog sympathique donnant des extraits du livre : http://jresistance.blogspot.com/2010/07/pirates-de-tous-les-pays-lage-dor-de-la.html