Sous-titre :
L’âge d’or de la piraterie atlantique (1716 – 1726)
Parution :
Libertalia, Paris, 2008, 278 pages, 16 euros – Le livre a été rédigé par l’auteur en 2004.
L’auteur :
– Professeur d’histoire à l’université de Pittsburgh, spécialiste de la piraterie et du monde de la mer, Marcus Rediker est notamment l’auteur de L’Hydre aux mille têtes (éditions Amsterdam) et The Slave Ship (Viking/Penguin, prix George-Washington 2008). Depuis trente ans, cet universitaire parcourt le monde pour exhumer le destin collectif des boucaniers.
– A un niveau plus personnel, il se dit lui-même « militant » en faveur de « l’histoire d’en bas » et des « travailleurs » qui ont façonné l’histoire. Il a pris part à des mouvements contre la guerre du Vietnam, contre les interventions du gouvernement américain en Amérique centrale dans les années 1980, contre l’apartheid en Afrique du Sud, contre la destruction de l’environnement, et contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Ces dernières années, il milite contre la peine de morts aux États-Unis et partout dans le monde.
Quatrième de couverture :
Qui étaient les pirates ? Au nom de quel idéal ont-ils hissé leur drapeau à tête de mort, cet énigmatique » Jolly Roger » ? En quoi ont-ils perturbé durablement le commerce colonial et les traites négrières du début du XVIIIe siècle ? Dans cet ouvrage passionnant et novateur, traduit pour la première fois en français, Marcus Rediker raconte une fabuleuse histoire. Celle des quelques milliers de » scélérats » qui refusèrent de se soumettre à l’ordre mercantile et à l’exploitation pour préférer la liberté et la jovialité, dussent-ils le payer de leur vie.
Thème du livre :
Les pirates ne connaissent ni patries ni frontières. Leur drapeau noir flotte en haute mer, partout où le droit chavire, où l’Etat fait naufrage. Ces hors-la-loi naissent pauvres, meurent jeunes. On les appelle « pirates », et ils nourrissent des imaginaires contradictoires. Pour les uns, ces flibustiers ne sont que des bandits mus par les plus bas instincts : vénalité, pulsion de mort, haine de la civilisation. Pour d’autres, les pirates sont des héros de la liberté, qui défient l’ordre en place et les puissants du monde entier.
Mon avis :
Livre d’histoire très intéressant à deux titres :
- - il s’intéresse à un domaine peu étudié et sur lequel il existe peu de publications. La période (1716-1726) est bien choisie.
- - il ne se contente pas d’énoncer les faits : il les explique et leur donne un sens, ce qui fait toute la différence.
– Bref un livre instructif, bien documenté, qui fait voyager, et qui nous fait découvrir des bandits ayant tenté d’imposer leur vision d’une nouvelle société.
– Par contre méfiance quant à la politisation de la notion de pirates – il serait dangereux et réducteur d’assimiler les pirates à des précurseurs ayant initié la mondialisation et espéré avant l’heure en une vie collective anti-capitaliste.
– Pour ma part j’ai adoré ce livre parce qu’il se lit un peu comme un livre d’aventures et qu’il donne un sens (qui, j’avoue, flatte mes propres opinions), un but aux pirates. Cependant, sûrement ne faut-il pas tout prendre au pied de la lettre.